La traversée du désastre,
l'origine de l'eau

François Andes

22.09.2022 - 05.11.2022

Vernissage

Jeudi 22 septembre 2022
(18H - 21H)

Rencontre
de
François Andes
et
Luiz  Gustavo Carvalho

lundi 17 octobre
à la galerie (16H - 20H)

Galerie Héloïse - visuel François Andes.jpg

Plus de photos sur Instagram:  @galerieheloise 

Communiqué 

La traversée du désastre*, projet au long cours et tentaculaire de François Andes, se poursuit à la Galerie Héloïse. L'artiste présente ses dernières recherches centrées sur l'histoire de Yemanja, la déesse aquatique afro-brésilienne. La légende raconte que les larmes de Yemanja, violée par son fils, ont accouché des mers et des océans.

 

François Andes déroule une fresque baroque où les fantômes des légendes torturées côtoient des créatures sous-marines caressant les grattes ciels. Il dépeint une civilisation humaine submergée par les ramifications d’une puissante nature reprenant ses droits. L'eau et le ciel s'enchevêtrent dans un ballet incessant, à l’horizon mouvant. L’artiste nous donne ainsi à voir un retour aux sources, à mi-chemin entre le cauchemar et le rêve.

François Andes est un artiste plasticien qui vit et travaille à Lille.

Représenté par la Galerie Celma Albuquerque à Belo Horizonte (Brésil) 

Portofolio François Andes : 

 

 

 

La traversée du désastre, texte de Luiz Gustavo Carvalho (commissaire)

 

"La Traversée du Désastre présente un ensemble d’œuvres qui interrogent l’évolution des rapports entretenus par l’homme à la nature, à partir d’un échange curateur/artiste qui découvre de nouveaux paysages et revisite une histoire lors de plusieurs temps de résidence artistique au Vietnam, Cambodge, en Corée du Sud, au Brésil entre 2016 et 2021.

 

Lieu de passage du monde des vivants à celui des morts, d’un monde ancien vers un monde nouveau, territoire d’exploration infini, portant en soi souvent les origines et pouvant seule pénétrer les territoires les plus inhospitaliers, la rivière et la forêt portent dans l’exposition aussi une réflexion sur les zones limitrophes entre l’espace sauvage et l’espace civilisé, le territoire privilégié d'Artémis dans la mythologie grecque, d’Oxum dans la culture yorubá et des Déesses Mères au Vietnam.

François Andes nous présente un bestiaire imaginaire vaste et fascinant, peuplé de rêves, de luttes et de symboles ancestraux issus de différentes mythologies. Les protagonistes qui y sont dévoilés sont archaïques et intemporels, et nous montrent finalement que ce qui tend à se pérenniser s’approche dangereusement de la fatalité. Ces monstres et dieux d’une animalité humanisée sont prêts à la guerre, à l’étonnement, au silence et aussi à l’amour. Ce sont des métamorphoses révélatrices des désirs et des angoisses. L’artiste nous oblige à regarder autour de nous et à fixer les êtres qui pullulent dans les bars, les casernes, les ministères, les bordels, les réunions exécutives et lors des palabres politiques.

Ainsi, nous sommes transportés dans un monde anormal, déformé, sarcastique, grotesque, sauvage et promiscue... Un paysage que l’on ne retrouve sur aucune carte terrestre, où Thanatos et Eros jouent sauvagement le long des clairières sous la lumière du jour, toujours accompagnés d’un flux souterrain de lyrisme qui murmure doucement à travers ses canaux invisibles. C’est, en quelque sorte, l’inverse du monde dans lequel nous vivons, où notre culte des apparences sociales et souci de la moralité publique et de l’hygiène créent des égouts sales et désagréables qui se tordent sous la surface.

François Andes cherche par le dessin une réponse au problème de la représentation psychologique à partir de sa fondation - un dépouillement littéral jusqu’à l’essentiel. Il s’agit d’un regard sur les relations humaines au plus profond, l’amour dans la haine, la liberté dans l’amour, la joie dans la liberté. Mais son art est aussi celui du témoignage. Par exemple, dans la façon dont il traite une seule tortue, animal mythologique et sacré dans la

culture vietnamienne. Les lignes du dessin décrivent non seulement la tortue, mais aussi sa signification. C’est avec ce sens que l’artiste joue et tord dans le processus de dévoilement du témoignage. Ici, le sens de la tortue est transformé et travaillé comme un élément formel de la composition. Il devient donc une tortue-char, une tortue-guerrier, une tortue-maison, une tortue-utérus.

L’artiste juxtapose au monde une faune et une population insolites jetées sur le papier par un trait cru et viscéral, rejoignant ainsi une tradition qui l’éloigne des formules surréalistes et le rapproche du monde de Jérôme Bosch, Pieter Breughel ou Alfred Kubin. Son univers, celui d’un faiseur de dieux et de diables, nous livre une oeuvre qui transpose les limites des conditions de l’existence pour tenter d’égaler la clairvoyance des voyants.

Comme dans l’Oreste d’Euripide, le surhumain chez François Andes commence là où subsiste encore l’humain.

Plonger nos regards dans cette œuvre, c’est s’approcher de notre ancestralité ainsi que de notre propre bestialité.

Peut-être est-ce la seule façon de traverser le désastre qui est lui maintenant, bien réel..."

Luiz Gustavo Carvalho, commissaire du projet La traversée du désastre.

Autre exposition personnelle de François Andes:

Rêves aquariums

Du 26 février au 4 décembre 2022 (Co-commissariat Labanque et Luiz Gustavo Carvalho).

Centre d'art Labanque à Bethune 

Galerie Héloïse
37 rue Dunois 75013 Paris